L'état de Tropicalia

1997 : quelques orchidophiles et épiphytophiles créent Tropicalia, association dont le but est de publier en langue française des ouvrages sur les plantes tropicales. Elle édite alors La lettre de Tropicalia dont chaque livraison traite d'un seul sujet. Quatre ans plus tard, Tropicalia lance Richardiana, revue à vocation scientifique qui s'oriente très vite vers des publications sur les seules orchidées. 2003 voit la naissance de Tropicalia infos, bulletin de liaison entre les membres de l'association, aujourd'hui remplacé par Orchidées tropicales. Quant aux monographies, qui étaient l'apanage de La Lettre, elles ont pris la forme de livres illustrés en couleurs dès 1999, avec Paphiopedilum, un ouvrage collectif présenté par G. Chiron & W. Cavestro. Depuis, 5 autres titres sont sortis : Laelia et genres alliés (G. Chiron & C. Roguenant), Les Vandas, découverte d'un groupe d'orchidées spectaculaires (C. Roguenant & G. Chiron), Paphiopedilum (Braem & Chiron), Les orchidées de Guyane française (G. Chiron & R. Bellone). Ainsi est né le premier pôle d'activité de Tropicalia. Plusieurs de ces livres ont été réalisés en coédition ou ont bénéficié d'une aide financière. Car les ventes de tels ouvrages spécialisés sont limitées (tirages de moins de 1 500 exemplaires) et ne procurent que de faibles excédents de recettes. Il importe donc d'assurer une certaine périodicité des éditions pour permettre le financement des publications futures. A ce propos, précisons que les auteurs ne sont pas nécessairement des adhérents de Tropicalia, et que tout orchidophile ayant un projet de livre peut nous consulter pour voir s'il est réalisable.
Le second pôle d'activité est constitué par Richardiana. Victime de son succès, cette revue soulève maintenant quelques questions quant à son développement. Le nombre de pages est aujourd'hui insuffisant pour permettre une publication rapide des nombreux articles d'auteurs originaires de plusieurs pays. Les numéros de 56 pages sont devenus la règle. Augmenter cette pagination aurait un coût excessif : passage à une reliure plus onéreuse, augmentation des factures de papier, d'impression et de frais postaux d'expédition. Il faudra donc réfléchir à la façon de développer la publication.
Le public, quant à lui, peut aujourd'hui connaître Richardiana et les publications de Tropicalia sur Internet ; il peut désormais y acquérir nos publications au moyen d'un paiement sécurisé. Il peut aussi y faire déterminer des spécimens d'espèces sauvages grâce à une page spécifique. Les réponses sont publiées sur le site.
Ces quelques points montrent l'état de notre association en cette fin d'année. Il nous est assez favorable. 2006 devra cependant être mis à profit pour résoudre les problèmes évoqués ci-dessus.

Tropicalia-infos

Commerce international : LA CITES A 30 ANS

Le 1er juillet 1975, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) entrait en vigueur, investie d'une mission difficile : réglementer le commerce international de certaines espèces d'animaux et de plantes sauvages de manière que ce commerce ne menace plus leur survie. Si, à l'occasion de cet anniversaire, Willem Wijnstekers, secrétaire général de la CITES, s'est félicité des succès de la convention et de son bilan positif, notre opinion est plus mitigée, du moins en ce qui concerne la flore, dont certaines réglementations inadaptées, assez bureaucratiques, n'assurent qu'une protection limitée, voire illusoire, des espèces végétales en danger.
Actuellement, ce sont 169 Etats qui ont signé l'acte d'adhésion à la CITES. Le 169e, la République du Cap-Vert, a déposé les instruments d'adhésion le 20 août dernier. La convention y entre en vigueur le 8 novembre. Le Cap-Vert est un pays africain formé d'un groupe d'îles situé dans l'Atlantique nord, au large du Sénégal. Sa capitale est Praia et sa langue officielle le portugais.

Vin des Ophrys

Pour les amateurs de vin blanc, il existe une Appellation d'origine contrôlée Vin de Savoie Domaine des Ophrys, produit par Jean Dupraz (Le Vigneron savoyard, 73190 Apremont). Le vignoble se trouve sur un site riche en orchidées du genre. Nous avons bien entendu goûté ce vin dont le prix est de 4,25 € la bouteille de 750 ml. Léger, sec, un peu fruité, sans agressivité, il est fort agréable.

Menacée à Madagascar

L'Eulophiella roempleriana Schlechter, ou Reine de Madagascar, est une orchidée endémique de l'île aux Nattes. C'est une grande plante qui peut atteindre 2 m de hauteur et qui a les mêmes feuilles que le Pandanus sur lequel elle pousse exclusivement. Sa hampe florale de 1 à 1,30 m porte des grappes de 15 à 25 fleurs rouges et mauves au parfum de fruit. Aujourd'hui, cette plante très décorative est menacée d'extinction et elle a fait l'objet d'une protection maximale, la cueillette et la vente des fleurs étant interdites.


Poissons aux Vanda

Recette proposée par des poissonniers. A essayer si vous pouvez vous procurer 20 fleurs de Vanda suavis. Hacher 50 g de crevettes roses, 2 fleurs de Vanda suavis et en farcir 4 grosses morilles ; mettre le tout avec quelques crevettes et 8 Vanda dans 30 cl de fumet de poisson. Dans une cocotte en terre cuite ajouter encore 10 Vanda, les recouvrir avec 1 darne de saumon frais, 1 rouget, 1 darne de lotte, 4 moules et 2 huîtres. Mettre les morilles, saupoudrer de noix de coco et verser le fumet. Cuire au four 15 minutes.

Les escargots, limaces et limaçons

ont la réputation d'être les pires ennemis des orchidées. Et cette réputation est des plus anciennes. Lucien Linden et Alfred Cogniaux écrivaient déjà en 1894 " …les limaces, ces ogres qui, dans l'espace d'une nuit, dévorent une quantité considérable de verdure et s'attaquent toujours de préférence aux tiges florales - et à celles auxquelles l'amateur tient le plus ". Les auteurs proposaient alors, parfois de façon pittoresque, divers moyens de lutte contre ces prédateurs. Un procédé des plus répandus pour les chasser, écrivaient-ils, consiste à placer le pot d'orchidée " dans une soucoupe en terre munie à son centre d'une petite colonnette, qui lui sert de support et en quelque sorte de piédestal. La soucoupe est ensuite remplie d'eau. Cette disposition a l'avantage d'opposer un obstacle infranchissable aux approches de l'ennemi ; et si quelque limace ou quelque cloporte se trouvait déjà dans un pot, du moins il ne pourrait pas endommager les plantes voisines…
" Voici un autre procédé très efficace pour se débarrasser des limaces et des limaçons qui rendent visite à nos serres. On broie de l'iode dans l'eau, de façon à les mélanger aussi intimement que possible, et l'on répand le liquide sur de la terre, de la sciure de bois ou un corps de ce genre, que l'on dépose dans la serre, de préférence dans un pot que l'on enfouit au niveau du sol. Les limaces, par l'odeur alléchées, courent au piège qu'on leur a préparé, et on peut les y recueillir au bout d'un jour ou deux par dizaines.
" Un autre moyen consiste à placer, le soir, entre les plantes des laitues fraîches. Les limaces en sont très friandes. C'est un moyen à double action : pendant qu'elles s'en régalent, elles ne font pas de tort aux Orchidées et ce sont aussi des pièges où les jardiniers les pinceront facilement en les visitant soigneusement à la lumière une ou deux heures après la tombée de la nuit.
" Le sulfate de cuivre, mélangé à la peinture ou au badigeon qui recouvre le mur des serres, est très bon pour détruire les limaces ; on peut aussi leur barrer le passage en plaçant devant les entrées ou autour des pots une barrière de sciure de bois ou de sel ordinaire. Enfin, on a souvent recours, au dernier lieu, à un autre procédé quand on tient à protéger une tige florale précieuse ; on enveloppe sa base avec de l'ouate. On peut alors être certain que les limaces ne l'attaqueront pas. "
Source : Les Orchidées exotiques et leur culture en Europe, L. Linden, A. Cogniaux et G. Grignan. Ed. Octave Doin, Paris, 1894.

Congrès & expositions de plantes tropicales

28, 29 & 30 octobre 2005 - Sixième exposition internationale d'orchidées, Lima (Pérou). Renseignements : www.peruorchids.com
30 octobre 2005 - Exposition d'orchidées, Birmingham (G.B.). Exposition d'automne du Jardin botanique de Birmingham. Tél.: 0121 544 6182.
Février 2006 - Pacific Orchid Exposition, San Francisco (USA). Au Fort Mason Center, l'une des plus belles expositions d'orchidées qui se tient annuellement aux Etats-Unis. Rens. Tél.: +1 415 441 3400.
12-16 février - Festival d'orchidées et de plantes tropicales, Menton. Traditionnelle exposition et ventes d'orchidées organisées dans le cadre des fêtes du citron de Menton, par l'Association des Epiphytophiles et Orchidophiles de France. Le Brésil sera cette année au cœur de cette manifestation. Palais de l'Europe, avenue Boyer. Entrée gratuite.
15 au 19 février - Congrès Européen d'Orchidées et Exposition florale, Padoue (Italie). Organisé par l'Association italienne d'orchidées sous l'égide de l'EOC (European Orchid Concil), dans le cadre du Jardin botanique de Padoue, l'un des plus anciens jardins du monde, sur le thème : " Beauté des orchidées, une longue tradition de couleurs chatoyantes et de charme exquis ". La manifestation se déroulera en même temps que Flormart-Miflor, la plus importante exposition italienne sur le monde des jardins. Près d'une cinquantaine de producteurs du monde entier étaient déjà inscrits en septembre dernier pour l'exposition d'orchidées. A cette même époque, le programme des communications scientifiques comportait quelques 20 présentations, parmi lesquelles celles de Rudolf Jenny (Nouvelles espèces de Stanhopea), Khoo Chong-Yee (Photo numérique des orchidées), Michel Paul (Les orchidées de Chine), Niessen Andrea (La biodiversité en Colombie), Oakeley Henry (La chasse aux orchidées au Pérou), Srugli Antonio (Les orchidées de Sardaigne), Souche Rémy (Ophrys du groupe insectifera d'Espagne), Vereecken Nicolas (Aspects chimiques du parfum des Ophrys du groupe insectifera). L'exposition sera ouverte au public de 9 à 19 heures les 17, 18 et 19 février. Le 16 février elle sera réservée aux exposants, juges et conférenciers.
20 février au 4 mars - La fête des orchidées, Tarascon (Bouches-du-Rhône). Exposition et marché aux orchidées.
17 au 20 mars - Neuvième exposition internationale d'orchidées, Strasbourg. Organisée dans l'Orangerie par l'Association des Amis du Jardin botanique.
23-26 mars - Exposition internationale d'orchidées, Thoune (Suisse). Avec la participation des groupes régionaux suisses, de 2 jardins botaniques, de producteurs suisses et étrangers. Stands de ventes d'orchidées.
13-14 mai - Premier rassemblement des producteurs de plantes des milieux secs, Jacou (34). Exposition et vente de plantes succulentes dans le parc du château de Bocaud à Jacou (proche de Montpellier). Elle est organisée conjointement par l'AIAPS (Association Internationale des Amateurs de Plantes succulentes), l'Association Terres Espaces et Plantes et la Mairie de Jacou.

Conçu par l'Union Mondiale pour la Nature (UICN): Le Plan d'Action des Orchidées

La plus grande menace qui pèse sur les orchidées est la perte de leurs habitats. Ceci est vrai même à une très petite échelle puisqu'un seul arbre tropical peut contenir des centaines d'orchidées épiphytes. L'impact de cette menace atteint des proportions effrayantes lorsque des millions d'hectares d'habitats disparaissent chaque année. En effet, la croissance démographique engendre le développement de l'élevage, de l'agriculture, de l'exploitation minière ou forestière et des villes. Même si quelques fragments de l'habitat original sont préservés, la diversité du patrimoine, les sources génétiques et les variétés de pollinisateurs sont sérieusement réduites. Les biologistes s'accordent actuellement pour dire que nous entrons dans une époque d'extinction comme il n'en est jamais arrivé depuis la période du Crétacé. Malgré le fait que, le plus souvent, nous maîtrisons la technologie pour inverser ces processus, le budget nécessaire à l'échelon mondial n'est pas accordé, car les pressions causées par la surpopulation imposent d'autres priorités. C'est ainsi que l'UICN a élaboré un Plan d'Action des Orchidées pour leur survie et leur protection. Ce Plan répertorie les espèces menacées de façon critique, mais aussi les habitats contenant des degrés très élevés de diversité et d'endémicité en orchidées. Il recommande aussi des règles spécifiques aux gouvernements, aux scientifiques et aux cultivateurs d'orchidées susceptibles d'aider à renverser les tendances actuelles.
La première moitié de ce Plan détaille :
1- la spécificité biologique des orchidées,
2- les menaces représentées par la perte de l'habitat et la surcollection,
3- les stratégies in situ de préservation et de gestion d'habitats,
4- les stratégies ex situ de propagation artificielle et de banques de graines,
5- le besoin urgent d'éducation, du plan national aux sociétés d'orchidophiles.
La seconde moitié du Plan répertorie l'état des connaissances actuelles, de la diversité, des menaces, et les pays ou régions riches en espèces d'orchidées, par exemple, le Mexique, l'Amazonie et la Guyane, l'Asie du sud, Madagascar, les Etats-Unis …
Le Plan présente la dualité de stratégie pour conserver la diversité des orchidées :
1- en préconisant la préservation des habitats naturels,
2- en promouvant la propagation artificielle et le commerce des plantes cultivées et des fleurs coupées.
Et il recommande les actions spécifiques prioritaires suivantes :
* Préparation des listes d'inventaire des espèces d'orchidées et identification des régions à haute diversité.
* Réglementation et récolte de fonds pour la protection, la recherche et la gestion saine de tels espaces.
* Mise à disposition d'espèces rares ou nouvelles, pour la reproduction à but commercial, en favorisant les pays d'où ces espèces sont originaires, réduisant ainsi la demande de récoltes sauvages.
* Sauvegarde efficace des orchidées des aires de déforestation, si approprié, puis propagation artificielle et distribution.
* Préparation de programmes d'éducation et leur rôle dans la biodiversité par les sociétés d'orchidophiles et les jardins botaniques à l'intention du grand public.
* Un enregistrement plus actif des herbiers et des institutions scientifiques de confiance afin de faciliter l'échange à des fins scientifiques de plantes séchées ou conservées dans des liquides.
* Partage des plantes, graines et pollens entre les cultivateurs d'orchidées et les jardins botaniques.

Les herbiers du Midi méditerranéen

A coté des grands herbiers comme ceux du Muséum National d'Histoire Naturelle à Paris, de Kew en Grande Bretagne ou du Botanical Garden à New York, il en existe bien d'autres, plus modestes certes. Leur intérêt est souvent spécialisé ou régional. Tel est le cas des herbiers du Midi méditérranéen, malgré les pertes subies au siècle passé.
La région de Provence Côte d'Azur compte aujourd'hui 5 herbiers sur les 27 existant en France. Plusieurs d'entre eux ont été partiellement ou totalement détruits à Marseille durant la guerre de 1939-1945, au moment où la municipalité céda le Chalet du Parc Borely à l'armée allemande. Ce chalet, qui se trouvait sur l'emplacement de l'actuelle Roseraie, dans le Jardin botanique, abritait en effet plusieurs herbiers, en même temps que la bibliothèque et l'Institut colonial. Le plus célèbre, l'herbier du botaniste Antoine Honoré Roux (1812-1899), comptait plus de 7 100 spécimens, essentiellement d'espèces régionales. Fruit de plus de 40 ans de travail, il avait finalement été acquis par la ville de Marseille et conservé au Chalet du Lac du Parc Borely. Il fut dispersé à partir de 1942 : une partie fut transférée à l'Université de Provence, une autre à l'Institut de Botanique de Montpellier.
Quatre autres herbiers conservés dans le Chalet du Parc Borély subirent un sort plus dramatique encore. L'herbier de Jean-Louis Castagne (1785-1858), diplomate et botaniste, spécialiste de la flore locale, totalement détruit en 1945 ; l'herbier des algues de Méditerranée, créé par Ange Alphonse Derbes (1808-1894), professeur de botanique à la Faculté des sciences de Marseille, fut détruit la même année dans les mêmes conditions ; l'herbier Genevez-Montaz, spécialisé dans la flore alpine, disparut à son tour lors de la réorganisation du Chalet du Lac en 1945. Enfin, l'herbier sur la flore européenne réalisé par Autheman, un pharmacien botaniste de Martigues, fut dispersé après cette même date et il n'en reste que quelques fragments. Seul l'herbier Raoul Arnaud, consacré aux parcs de la Provence a survécu et se trouve dans les jardins botaniques municipaux.
Aujourd'hui, il ne reste que cinq herbiers dans la région méditerranéenne :

Herbier Musée Requiem

en Avignon, avec quelque 250 000 spécimens d'espèces de la flore mondiale et du Vaucluse.

Herbier du Laboratoire de botanique et d'écologie méditerranéenne de la Faculté des sciences de Marseille,

avec 200 000 spécimens d'espèces du bassin méditerranéen, de Corse et de France ;

Herbier du Laboratoire de botanique et de l'Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie botanique de Montpellier.

Il compte 75 000 spécimens de phanérogames et de cryptogames de France.

Herbier de l'Institut de botanique de Montpellier

qui regroupe 4 millions de phanérogames et de cryptogames, principalement d'Afrique et de plusieurs collections historiques (notamment de l'herbier Honoré Roux), ainsi que 60 000 spécimens de l'Herbier Sigma.

Herbier du Jardin botanique et du Muséum d'Histoire naturelle de Nice,

avec 170 000 spécimens de la flore d'Europe, des pays méditerranéens et de France (notamment Salvia, Phlomis, Astragalus et Cistacées).
A cette liste il faut aujourd'hui ajouter l'herbier Louis Poirion (1901-1994), botaniste et professeur de sciences naturelles, dont l'installation est en cours d'achèvement dans l'Arboretum Marcel Kroenlein, à Roure (Alpes-Maritimes). Il rassemble essentiellement des plantes de la flore de la Côte d'Azur et du Mercantour, région à laquelle l'auteur a consacré sa vie de botaniste durant la seconde moitié du 20e siècle. La remise en état de cet herbier a demandé plus de trois années de travail de la part de ses promoteurs.

La culture du Catasetum longifolium

La culture des Catasetum est assez facile. Les plantes peuvent prospérer et fleurir durant de nombreuses années en serre. Une espèce, Catasetum longifolium Lindley, fait cependant exception, les spécimens ayant tendance à dépérir au-delà de deux années.
Contrairement aux autres Catasetum, le C. longifolium est une plante pendante : les pseudobulbes, les feuilles et les inflorescences se développent vers le bas. De plus, la plante vit seulement sur le stipe de certaines espèces de palmier, principalement le palmier bâche (Mauricia flexuosa), parfois sur le palmier maripas (Attalea regia), beaucoup plus rarement sur un autre palmier. C'est un épiphyte cespiteux, à pseudobulbes fusiformes, cylindriques et foliacés, d'environ 20-30 x 4-5 cm. Les racines sont épaisses, charnues, et peuvent former un réseau de plusieurs mètres sur le stipe du palmier. Les feuilles sont linéaires, longues de 40 cm à 1 m, larges de 1,5-2,5 cm. L'inflorescence est basilaire, longue de 25 à 40 cm, se terminant par une grappe de 8 à 20 fleurs roses à orange, souvent uniquement mâles, parfois mâles à la base de la tige, femelles au sommet et hermaphrodites au milieu. Les sépales et les pétales sont ovales, concaves, le sépale dorsal étant tronqué, long de 15 mm, les pétales de même longueur et les sépales latéraux un peu plus longs et obliques. Le labelle est en bourse profonde, long de 2 à 3 cm, avec le bord fimbrié. La colonne est courte et trapue.

Milieu naturel

L'espèce est originaire du nord de l'Amérique du sud : Venezuela, Guyana, Surinam, Guyane française et nord-est du Brésil (Pará, Amazonas, Mato Grosso et Mato Grosso do Sul). La plante est courante en faibles altitudes (moins de 800 m), en bordure côtière, forêts claires, sur palmier. Elle se trouve essentiellement sur le stipe, sous les feuilles inférieures, à l'abri du soleil direct du milieu de la journée.

Culture

Il importe que la plante soit montée pour lui assurer un port pendant. Plusieurs supports sont utilisables à cette fin : panier largement ajouré constitué de barreaux de bois ou de grillage à grosses mailles, pot de plastique ajouré, plaque de liège de grande surface, en forme de tuile ; cette plaque, orientée verticalement, permet de fixer la plante latéralement, avec un peu de Sphagnum ou de fibre de palmier, pseudobulbes tournés vers le sol, et, par la suite, offre aux racines la possibilité de couvrir une grande surface. En panier ou en pot, le compost doit être grossier pour assurer une aération efficace assurant un séchage rapide des racines. Le choix de ce compost représente une première difficulté dans la mesure où, dans son habitat d'origine, la plante vit sur les fibres d'un palmier spécifique. Des fragments de fibres de noix de coco ou des fibres de palmier, faciles à acquérir dans le commerce, sont les matières les plus proches du substrat recherché par l'espèce dans la nature.
Cultiver la plante en serre chaude, avec un minimum hivernal de 20°C, en lumière voilée. L'été, dans la journée, cette température peut atteindre 30 à 35°C. Une bonne aération et une forte hygrométrie sont bénéfiques. En période de végétation, arroser quotidiennement, le matin. Après la floraison, qui se produit entre juin et septembre, et après la formation du nouveau pseudobulbe, assurer une période de repos (quelques arrosages espacés permettront d'éviter le dessèchement de la plante). L'eau doit être pure, avec un pH de 6,3 à 6,5 (l'eau de pluie convient lorsqu'elle n'est pas polluée par les fumées industrielles ou l'atmosphère des villes).

Survie de la plante

Malgré des soins suivis en serre, un pied de Catasetum longifolium aura du mal à ne pas dépérir au bout de quelques années. Deux facteurs principaux semblent contribuer à cette évolution : pureté de l'eau insuffisante dans nos régions et nature du substrat qui tend à se dégrader. Dès que des signes de diminution du volume des nouveaux pseudobulbes apparaissent, ne pas hésiter à rempoter ou à réinstaller la plante. Mais cette opération, qui abîme les racines, est toujours " traumatisante " pour le spécimen. Seuls les orchidophiles de Guyane ne se heurtent pas à ce genre de difficulté, surtout s'ils possèdent un jardin avec quelques palmiers (de préférence le palmier-bâche) pouvant accueillir un Catasetum longifolium.


Les orchidées dans les jardins botaniques français

On compte près de quatre-vingt jardins botaniques en France. Ils privilégient généralement la flore européenne. Une dizaine d'entre eux font cependant une grande place à la flore tropicale et, plus particulièrement, aux orchidées, notamment celles de nos départements d'Outremer. Ils sont présentés ci-après.

Jardin botanique de la Ville et de l'Université de Besançon

Place Leclerc, 25000 Besançon. Entrée gratuite.
Le jardin occupe un terrain de 1,5 hectares. Il fait fonction de conservatoire pour près de 5 000 espèces de plantes réparties dans plusieurs secteurs : l'école de botanique systématique avec près de 1 000 espèces classées selon les normes contemporaines (flore du Jura, flore française, flore étrangère), des jardins de rocailles, des plantes médicinales, un arboretum et des tourbières. Parmi les constructions, six serres abritent près de 2 000 espèces : serre alpine (plantes de montagne enneigée), serre froide (plantes succulentes, caudiciformes et xérophiles), serre tempérée (plantes alimentaires, fougères, épiphytes de régions tropicales), serre d'exposition (essentiellement les plantes carnivores), serre équatoriale (épiphytes des régions équatoriales parmi lesquelles de nombreuses orchidées), serre tropicale (essentiellement consacrée aux espèces guyanaises et plus particulièrement à la conservation de près de 800 plantes de ce département d'outremer (appartenant à 10 espèces de 7 genres). Le jardin s'est fait une spécialité de certaines orchidées comme les Catasetinae et les Stanhopinae.

Jardin des plantes de Grenoble

Rue Dolomieu et boulevard Jean-Pain, 34000 Grenoble. Entrée gratuite.
Ce jardin très structuré, comportant notamment un jardin paysager, un jardin romantique, une rocaille de sous-bois et un jardin à la française, possède des serres botaniques dont plusieurs sont consacrées aux orchidées tropicales.

Jardin botanique de la ville de Lyon

Parc de la Tête-d'Or, 69459 Lyon. Entrée gratuite.
Installé sur près de 8 ha, ce jardin est l'un des plus riches de France. Il groupe notamment l'école de botanique avec près de 2 800 espèces, une collection d'arbustes de près de 700 espèces, une roseraie de rosiers sauvages, une collection de pivoines sauvages, une collection de plantes de terre de bruyère, un arboretum, un jardin alpin comportant 1 650 espèces, des collections de fougères, de nymphéas, de plantes tinctoriales et des plantes de milieux humides. Dans une annexe, se trouve également une collection de camélias.
Une collection de près de 150 espèces d'orchidées est rassemblée dans les petites serres chaudes. En particulier, le jardin y gère une partie des orchidées du réseau de Guyane créé en 1994 (notamment, Maxillaria et Oncidium).

Jardin des plantes de l'Université de Montpellier

163, rue Auguste Broussonet, 34090 Montpellier. Entrée gratuite et, sur demande, visites guidées payantes.
Créé en 1593, c'est le plus ancien jardin botanique français. Il couvre près de 4,5 ha. Il possède, notamment, des collections de plantes ligneuses (250 espèces), l'école de systématique botanique avec 650 espèces de plantes herbacées (médicinales, vivrières), plantes de rocailles (près de 750 espèces), des Solanacées, des Malvacées et des Euphorbiacées. Plusieurs serres renferment quelque 2 000 espèces tropicales. Parmi elles, figurent près de 500 espèces d'orchidées.

Conservatoire et jardins botaniques de Nancy

(Jardin botanique du Montet) - 100 rue du Jardin botanique, 54600 Villers-lès-Nancy. Entrée : parc, gratuite ; serres, payante.
Implanté sur 27 ha, c'est l'un des plus importants jardins botaniques de France. Il possède 7 300 espèces de plantes regroupées par thèmes et plus de 200 cultivars de rosiers. Parmi les réalisations remarquables, citons la tourbière vosgienne, le jardin d'Emile Gallé, l'Alpinium du Montet, l'arboretum et une collection de plantes médicinales. Le jardin assure en outre divers programmes de conservation sur quelque 200 espèces protégées. Un ensemble de serres couvrant 2 400 mètres carrés rassemble quelque 6 600 taxons de plantes exotiques. Parmi elles, des Nepanthes, une collection de plantes des Seychelles et des Pachypodium de Madagascar. Plusieurs espaces reconstituent des sous-bois tropicaux, des mangroves ou des milieux arides américains et africains. De très nombreuses orchidées épiphytes, en particulier africaines et américaines, sont installées dans les serres tropicales. Le jardin participe au programme de conservation d'un lot d'orchidées de Guyane collecté en 1994 sur le Sinnamary.

Jardin des plantes de Nantes

6, rue Stanislas Baudry, 44000 Nantes. Entrée gratuite.
Le jardin est structuré autour de grands bassins s'écoulant vers le sud. On y découvre l'école de botanique dendrologique (1 100 espèces d'arbres et arbustes), l'école des plantes herbacées et de rocailles (plus de 2 000 espèces), l'école de botanique systématique (près de 1 500 espèces de la flore armoricaine), l'école de botanique médicinale et les plantes d'orangerie (250 espèces dont un grand nombre de mandariniers). Des serres abritent quelque 3 000 spécimens de plantes succulentes et plus de 2 000 spécimens d'épiphytes de régions équatoriales, tropicales et tempérées. Ces derniers comportent principalement des orchidées d'origine sauvage.

Jardin du Luxembourg à Paris

15 rue de Vaugirard, 75006 Paris. Non ouvert au public. Visites privées parfois possibles sur demande.
Ce jardin, qui est administré par le Sénat, possède quelque 10 000 plantes dans des serres qui occupent près de 400 mètres carrés. Il est surtout célèbre pour sa collection d'orchidées et, plus particulièrement, de Paphiopedilum. Cette collection fut créée en 1838 par Achille Richard à la faculté de médecine de Paris. La collection de Paphiopedilum compte environ 7 000 plantes réparties en 70 espèces et près de 800 hybrides. Les autres orchidées sont très diverses : Angraecum, Cattleya, Odontoglossum, Miltonia, Masdevallia, … De plus, le jardin assure la conservation d'une collection d'orchidées de Guyane, principalement des Maxillaria, mais aussi des Oncidium, des Pleurothallis et des Trichosalpinx.

Jardin des plantes de Paris

57 rue Cuvier, 75005 Paris. Entrée gratuite.
Propriété du Muséum National d'Histoire Naturelle, ce jardin couvre 22 ha. Il comporte une école de botanique (4 000 taxons), une collection de plantes utiles, un jardin alpin (2 000 taxons), une collection dendrologique (plus de 1 000 espèces d'arbres et d'arbrisseaux). Plusieurs serres rassemblent des plantes de régions tropicales et tempérées (serres australienne et mexicaine, notamment). Une autre serre abrite une importante collection d'orchidées, mais, à cause du mauvais état de ses équipements, elle n'est pas ouverte au public.

Jardin botanique de la Ville de Rouen

14ter avenue des Martyrs de la Résistance, 76100 Rouen. Entrée gratuite.
Ce jardin, qui couvre près de 9 ha, est principalement consacré aux plantes horticoles : 250 variétés de fruitiers, 1 600 variétés d'herbacées dont une collection de plantes médicinales, etc. Les serres tropicales abritent quelque 500 espèces de plantes dont une importante collection d'orchidées. De plus, des serres tempérées sont réservées principalement aux Paphiopedilum et aux orchidées de serre froide.

Jardin botanique de l'Université Louis-Pasteur à Strasbourg

28 rue Goethe, 67083 Strasbourg. Entrée gratuite.
Le jardin s'étend sur 3,5 ha en plein centre ville. Il possède quelque 6 000 espèces de plantes en extérieur et en serre. En extérieur se trouvent un arboretum peuplé d'environ 1 200 arbres et arbustes, ainsi que 1 500 espèces de plantes herbacées (plantes de rocailles, plantes médicinales, tinctoriales, alimentaires, aquatiques, …). Le jardin possède une serre froide et une serre tropicale. Dans la première se trouvent des plantes de 500 espèces de régions tempérées et une importante collection de 500 espèces de cactus et autres succulentes. La serre tropicale groupe près de 600 espèces thématiques (fougères, Broméliacées, Cycadacées, etc.) ; parmi elles, les orchidées épiphytes occupent une place privilégiée.

Jardin botanique H. Gaussen à Toulouse

Allée Jules Guesde, 31400 Toulouse. Actuellement en reconstruction.
Sur près de 1 ha, le jardin possède de nombreuses collections d'arbres et d'épiphytes, notamment d'orchidées. Il est en rénovation, avec le Muséum d'Histoire naturelle. Mais sa réouverture, prévue pour le printemps 2007, est compromise. En effet, à cause de fouilles archéologiques sur le site et de problèmes financiers, le jardin risque d'être sacrifié et sa collection d'arbres perdue. (voir l'appel de l'Université Paul Sabatier et du Directeur du jardin botanique).

Jardin de Balata, en Martinique

Habitation Anse Latouche, 97200 Fort-de-France. Entrée payante.
Le climat de La Martinique permet le développement d'une végétation tropicale naturelle où les spécimens de toutes espèces peuvent être cultivés sans serre. Le jardin occupe tout un pan de colline. L'entrée conduit à une maison créole en bois, meublée à l'ancienne et retraçant la vie d'autrefois. Depuis cette maison, la visite du jardin se fait par des sentiers au milieu d'une végétation luxuriante, jusqu'à une rivière dans le fond de la vallée. Les plantes y sont cultivées selon un ordonnancement rigoureux. Les collections comprennent notamment des Cycas, des Broméliacées, des figuiers étrangleurs, des palmiers royaux, des Lotus, une bambouseraie, des Pandanus, des Bégonias, des Balisiers, des Hibiscus. Les orchidées sont abondantes, terrestres ou épiphytes, disséminées dans la végétation. On peut voir, par exemple, de vastes buissons d'Arundina graminifolia dont les hampes florales dépassent 2 m de hauteur, des Vanilla pompona grimpant le long de troncs ou de lianes, ou encore de vastes touffes aux fleurs rouges de Maxillaria coccinea entourant des branches d'arbres.

Conservatoire Botanique National de Mascarin à la Réunion

Domaine des Colimaçons, 97436 Saint-Leu. Entrée payante.
Installé sur les hauteurs de Saint-Leu, il s'étend sur 7 ha et est essentiellement consacré à la conservation de spécimens de la flore réunionnaise. Les collections végétales retracent l'introduction des principales plantes de l'île : café, tabac, épices, canne à sucre, géranium. La collection verger présente les espèces et variétés cultivées à la Réunion. Parmi les collections remarquables, il faut citer les palmiers et les succulentes. Plusieurs serres présentent des collections spécifiques, comme les plantes carnivores, les endémiques de la Réunion, diverses épiphytes et, parmi elles, les orchidées. Pratiquement, toutes les espèces réunionnaises sont représentées.